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GILBERT GATELLIER
Faut-il le dire, est-ce que celà se dit? Plus je laisse errer ma pensée sur le long parcours intellectuel et plastique de Théodoros, plus je m'étonne de la chance que j'ai eue de connaître de près un des plus grands artistes, au plan international, de la seconde moitie de ce siècle. C'etait en 1966, dans les jardins du musée Rodin à Paris, autour de la "Salome", du "Reveil-Minuit", du "Siège Specifique aux Accessoires Interdits". Dans une sculpture pénétrée des mythes de I'ancienne Grèce et encore proche des traditions du "grand art" commençait à s'insinuer la fondamentale interrogation sur la place de cet art dans I'univers nouveau de la "societé du spectacle" et de ses médias. La "Matraque-Phallus" du "Reveil-Minuit" (1965) fut à partir de 1970 le premier instrument critique mis en coeur pour lutter contre I' "auto-suffisance de la societe audio visuelle", en une entreprise de "communication antispectaculaire", en des "Manipulations" répondant à la manipulation générale que nous fait subir cette société. Sans être ni "conceptuel" ni "pauvre", sans cesser de manier les outils et les materiaux - nobles ou triviaux -, parlant son langage propre, aussi hautement culturel que concrètement tactile, Theodoros nous a entraînés vers un éveil de la conscience plus aigu et subtil d'étape en étape. Puisse le serpent apotropaïque de Delphes, dans la substructure d'une allégorique colonne ("Caryatide 0", 1994), nous délivrer à tous son message protecteur. Paris, Mai 1999
Ancien critique et rédacteur aux Editions Larousse, Paris
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